French January : les viticulteurs ripostent au Dry January et relancent le débat sur la consommation d’alcool
Par Catherine Duchamps
Publié le
Alors que de plus en plus de Français s’engagent à faire une pause dans leur consommation d’alcool grâce au Dry January, la filière viticole lance sa propre campagne : le French January. Une initiative qui prône la modération plutôt que l’abstinence, mais qui divise les experts de santé publique.
Un mois pour savourer… pas pour s’interdire
Lancé par l’association Vin & Société, le French January se présente comme une alternative au Dry January. Avec un message centré sur le plaisir et la convivialité, la campagne propose de « savourer plutôt que s’interdire ». Le ton est clair : pas question de renoncer au vin, mais plutôt de consommer avec « bon sens ». Pour les professionnels de la filière, cette démarche est aussi un moyen de soutenir un secteur en difficulté et de valoriser l’art de vivre à la française.
Une réponse directe au Dry January
Ce nouveau mouvement est perçu par beaucoup comme une réaction directe à la popularité croissante du Dry January, ce défi né au Royaume-Uni qui incite à une abstinence totale durant le mois de janvier. En France, la version locale baptisée "Défi de janvier" gagne elle aussi du terrain, avec une approche plus souple mais tout aussi engageante. Selon un sondage Toluna Harris Interactive, 50 % des Français envisagent de participer, dont 31 % avec une abstinence totale, et 19 % avec une consommation fortement réduite.
Une initiative qui divise les professionnels de santé
Du côté des addictologues, cette campagne pro-modération ne passe pas. Pour Bernard Basset, président d’honneur de l’association Addictions France, le French January est un « combat d’arrière-garde » : « Le message de Vin & Société, c’est surtout ‘continuez à boire’. Il est dépassé à l’heure où la société prend conscience des risques liés à l’alcool. » Il souligne qu’il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’une évolution profonde des mentalités.
Une tension entre tradition et santé publique
Le débat soulève une question de fond : quelle place pour l’alcool dans notre société moderne ? Si le vin reste un symbole culturel fort en France, il est aussi de plus en plus remis en question pour ses effets sur la santé. La modération prônée par le French January peut sembler séduisante, mais elle ne répond pas, selon les experts, aux réalités des troubles liés à l’alcool et à la difficulté d'en réduire la consommation sans arrêt temporaire.
Vers une reconnaissance officielle du "Défi de janvier" ?
Face à l’engouement croissant du public, les associations de santé espèrent que le gouvernement prendra le relais de cette campagne. Pour Bernard Basset, la santé est aussi une priorité économique : « Moins les gens tombent malades, moins cela coûte à la collectivité. » Un appel clair à faire de la prévention une politique publique à part entière, sans céder aux pressions économiques du lobby alcoolier.
Questions fréquentes
Le French January est une campagne lancée par l'association Vin & Société qui encourage à savourer le vin avec modération plutôt qu'à s'en priver totalement. Contrairement au Dry January, qui incite à une abstinence complète d'alcool pendant le mois de janvier, le French January privilégie une consommation responsable et le plaisir, en tenant compte de la tradition viticole française.
Les professionnels de santé, notamment les addictologues, critiquent le French January car ils estiment que ce message pro-consommation d'alcool va à l'encontre de la prise de conscience des risques liés à l'alcool. Selon eux, la campagne ne répond pas efficacement aux troubles liés à l'alcool et peut minimiser la nécessité d'une abstinence temporaire pour réduire ces risques.
Selon un sondage Toluna Harris Interactive, environ 50 % des Français envisagent de participer au défi de janvier, dont 31 % optent pour une abstinence totale d'alcool et 19 % pour une consommation fortement réduite. Cette tendance montre un intérêt croissant pour des périodes de modération ou d'abstinence après les fêtes.
Le débat oppose la tradition culturelle valorisant le vin et l'art de vivre français à la nécessité de protéger la santé publique. Alors que le vin demeure un symbole fort en France, les risques associés à sa consommation poussent certains à préconiser la modération stricte voire l'abstinence, questionnant ainsi la place de l'alcool dans la société moderne.
Les associations de santé espèrent que le gouvernement reconnaîtra et soutiendra officiellement le 'Défi de janvier' afin de promouvoir la prévention autour de l'alcool. Elles insistent sur l'importance économique et sanitaire de réduire les maladies liées à l'alcool pour limiter les coûts à la collectivité et renforcer la politique de santé publique.
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