Comment ne pas péter un plomb face à un enfant difficile ?
Par Claire Delmas
Publié le - mis à jour le
Sommaire
- D’abord, respirez (oui, vraiment)
- Se rappeler : l’enfant ne fait pas exprès (même si ça y ressemble)
- Adopter la posture du "pilote d’avion"
- Préparer plutôt que réparer
- Poser des limites sans crier
- Accueillir les émotions… sans les subir
- Et vous, dans tout ça ?
- Et quand on a vraiment craqué ?
- Rester calme, ce n’est pas tout accepter
Colères à répétition, refus d’obéir, provocations, crises dans les lieux publics… Vous avez l’impression de parler à un mur et parfois, vous sentez la tension monter ? Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul. Tous les parents, à un moment ou à un autre, se retrouvent face à un enfant difficile. Et tous, tôt ou tard, frôlent l’explosion.
Alors, comment garder son calme quand on a juste envie de crier ? Comment poser des limites sans hurler ? On vous propose des clés concrètes pour gérer ces moments sans craquer. Parce qu’un parent serein, c’est déjà une moitié de victoire.
D’abord, respirez (oui, vraiment)
Quand la colère monte, le cerveau émotionnel prend le dessus. C’est là qu’on crie, qu’on dit des choses qu’on regrette ensuite, qu’on perd pied. La première chose à faire : gagner du temps.
→ Respirez profondément, même 10 secondes.
→ Tournez le dos si nécessaire.
→ Buvez un verre d’eau, changez de pièce, comptez jusqu’à 20.
Non, ce n’est pas fuir. C’est reprendre le contrôle avant de parler ou d’agir. Et ça change tout.
Se rappeler : l’enfant ne fait pas exprès (même si ça y ressemble)
Un enfant en crise n’est pas "contre vous". Il est débordé. Par ses émotions, ses frustrations, sa fatigue, sa faim, son besoin de sécurité.
Ce qu’il cherche ? Un adulte stable pour contenir tout ça. Si on réagit avec la même violence, c’est comme jeter de l’huile sur le feu.
Pas besoin d’être parfait. Juste d’être plus solide que lui à ce moment-là. Même si c’est dur. Même si vous êtes à bout.
Adopter la posture du "pilote d’avion"
Imaginez : vous êtes passager d’un vol agité. Turbulences. Secousses. Si le pilote panique, c’est la panique à bord. Mais s’il garde son calme, on se sent rassuré, même dans la tempête.
C’est pareil avec les enfants. Plus vous gardez votre calme, plus ils sentent qu’ils peuvent s’appuyer sur vous.
Le secret, ce n’est pas de ne jamais être en colère. C’est de ne pas se laisser emporter par elle.
Préparer plutôt que réparer
Un enfant difficile réagit souvent dans un contexte prévisible : fatigue, changements, conflits non digérés, manque de cadre…
→ Est-ce qu’il dort bien ?
→ Mange-t-il à heures régulières ?
→ A-t-il un espace pour se défouler ?
→ Se sent-il écouté ?
Plus vous anticipez, plus vous désamorcez. Ce n’est pas de la magie. C’est de l’organisation… et un peu d’intuition.
Poser des limites sans crier
Les limites sont vitales. Mais hurler n’est pas une obligation pour se faire entendre. Vous pouvez dire non avec fermeté, sans agressivité.
→ Parlez lentement, avec une voix posée.
→ Regardez votre enfant dans les yeux.
→ Tenez votre position sans vous justifier trois fois.
Un enfant difficile teste, mais il cherche surtout des repères solides. Chaque limite claire et calme posée est une brique de plus dans sa sécurité intérieure.
Accueillir les émotions… sans les subir
Un enfant qui crie, pleure, tape… c’est un enfant qui exprime ce qu’il ne peut pas encore dire. Plutôt que de bloquer ses émotions ("ça suffit maintenant", "arrête de pleurer"), essayez de les nommer.
→ "Tu es très en colère, hein ?"
→ "Tu voulais ça, et ça t’a frustré…"
→ "Tu te sens dépassé ?"
En faisant cela, vous ne validez pas son comportement, mais vous lui montrez que ses émotions ont le droit d’exister. Et vous l’aidez à apprendre à les gérer.
Et vous, dans tout ça ?
On l’oublie trop souvent, mais vous aussi, vous avez des émotions. Et des limites.
Fatigué, stressé, débordé… il est normal que votre patience flanche. Ce n’est pas un échec. Ce n’est pas une preuve que vous êtes un "mauvais parent". C’est juste un signal d’alerte.
→ Dormez dès que vous pouvez.
→ Demandez de l’aide.
→ Accordez-vous des pauses, même courtes.
→ Parlez-en. À un proche, un professionnel, un groupe de soutien.
Vous ne pouvez pas être un adulte ressource si vous êtes vidé. Prendre soin de vous, c’est aussi prendre soin de vos enfants.
Et quand on a vraiment craqué ?
Parce que oui, ça arrive. On crie. On dit des choses qu’on regrette. On s’en veut. La clé ? Réparer.
→ S’excuser, simplement : "Je me suis emporté, j’étais fatigué. Ce n’est pas contre toi."
→ Nommer ce qui s’est passé : "Tu t’es senti mal, moi aussi."
→ Repartir sur une base saine, ensemble.
Un enfant apprend aussi à gérer ses émotions en vous voyant gérer les vôtres. Même quand ça dérape. C’est une belle leçon d’humanité.
Rester calme, ce n’est pas tout accepter
C’est poser des limites claires, avec fermeté mais sans violence. C’est reconnaître ses émotions sans se laisser dominer. C’est choisir la réponse plutôt que la réaction.
Et surtout, c’est se rappeler qu’élever un enfant, ce n’est pas le dresser. C’est l’accompagner, avec ses tempêtes, ses cris, ses refus… et toute la patience que ça demande.
Courage : chaque crise est une opportunité de grandir. Pour lui. Pour vous. Ensemble.
Questions fréquentes
Pour rester calme face à un enfant difficile, il est essentiel de respirer profondément, de prendre du recul en changeant de pièce ou en comptant jusqu'à 20. Cela permet de reprendre le contrôle avant de réagir et d'éviter les réactions impulsives qui aggravent la situation.
Un enfant difficile n'agît généralement pas pour nuire, mais réagit à des émotions fortes, à la fatigue, à la faim ou à un sentiment de frustration. Il cherche avant tout la stabilité et la sécurité d'un adulte capable de le rassurer sans intensifier la colère.
Il est possible de poser des limites claires et fermes en parlant calmement, avec une voix posée, en regardant l'enfant dans les yeux et en maintenant sa position sans justifications excessives. Cette posture crée un cadre sécurisant pour l'enfant sans avoir recours à la violence verbale.
Il est conseillé d'accueillir et de nommer les émotions de l'enfant en disant par exemple "Tu es en colère" ou "Tu te sens dépassé". Cela valide ses sentiments sans pour autant valider un mauvais comportement, et lui apprend progressivement à gérer ses émotions.
Si on crie ou fait une erreur, il est important de réparer la relation en s'excusant simplement, en expliquant que la fatigue ou le stress ont pu provoquer cette réaction. Nommer les émotions vécues par chacun et repartir sur une base saine permet à l'enfant d'apprendre aussi de cet exemple d'humanité.
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