La ménorexie : un fléau méconnu qui touche les femmes de 50 ans et plus
Par Catherine Duchamps
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Sommaire
Lorsqu’on évoque les troubles du comportement alimentaire, on pense souvent aux adolescentes ou aux jeunes adultes. Pourtant, un phénomène bien plus discret touche de nombreuses femmes après 50 ans : la ménorexie. Ce terme, contraction de « ménopause » et « anorexie », désigne des comportements alimentaires restrictifs apparaissant ou s’aggravant à l’approche ou après la ménopause. Longtemps invisibilisée, cette réalité mérite aujourd’hui une attention particulière.
Qu’est-ce que la ménorexie ?
Une restriction alimentaire liée à la ménopause
La ménorexie se caractérise par une peur intense de prendre du poids et par une volonté de contrôler son alimentation de manière excessive à la ménopause. Elle peut se manifester par des régimes stricts, des repas sautés ou une obsession pour les calories.
Un trouble souvent non diagnostiqué
Contrairement à l’anorexie classique, la ménorexie est rarement reconnue comme un trouble à part entière. Beaucoup de femmes minimisent leurs comportements ou les justifient par des préoccupations de santé.
Qu'est-ce qui change quand on a 50 ans ?
Pourquoi la ménorexie apparaît-elle après 50 ans ?
Les bouleversements hormonaux
La ménopause entraîne une baisse des œstrogènes, souvent associée à une prise de poids abdominale. Ce changement corporel peut être vécu comme une perte de contrôle, déclenchant des comportements alimentaires excessivement restrictifs.
La pression sociale sur le corps féminin
Même après 50 ans, les femmes restent soumises à des normes de minceur. Le vieillissement du corps est souvent perçu comme une menace pour la féminité et la valeur personnelle.
Le rapport au vieillissement
La ménorexie est parfois une tentative inconsciente de lutter contre le temps qui passe. Maîtriser son poids devient une façon de reprendre le contrôle face à des changements perçus comme irréversibles.
Quel régime choisir après 50 ans ?
Les signes qui doivent alerter
Des comportements alimentaires inquiétants
Parmi les signaux fréquents :
Suppression de groupes alimentaires entiers
Comptage obsessionnel des calories
Peur intense de certains aliments
Justification permanente de ses choix alimentaires
Des conséquences physiques visibles
Fatigue chronique, fonte musculaire, fragilité osseuse, troubles digestifs ou carences nutritionnelles peuvent apparaître, parfois confondues avec des symptômes « normaux » de l’âge.
Un impact psychologique important
La ménorexie s’accompagne souvent d’anxiété, de culpabilité après les repas, d’isolement social et d’une image corporelle très négative.
Une menace silencieuse pour la santé
Des risques accrus après la ménopause
À cet âge, la restriction alimentaire peut avoir des conséquences graves : ostéoporose, perte de masse musculaire, troubles cardiovasculaires et affaiblissement du système immunitaire.
Une spirale difficile à briser
Plus l’alimentation est restreinte, plus le corps se fragilise, renforçant l’obsession du contrôle et la peur de manger davantage.
Comment sortir de la ménorexie ?
Reconnaître le problème
La première étape est souvent la plus difficile : accepter que ces comportements ne sont pas anodins. La ménorexie n’est pas une simple « discipline alimentaire », mais un véritable trouble.
Se faire accompagner
Un accompagnement médical et psychologique est essentiel. Il permet de rétablir une relation apaisée à l’alimentation et de comprendre les enjeux émotionnels sous-jacents.
Réconcilier corps et alimentation
L’objectif n’est pas de « lâcher prise » brutalement, mais de réapprendre à nourrir son corps en respectant ses besoins, sans culpabilité ni contrôle excessif.
Briser le tabou autour de la ménorexie
Parler pour mieux prévenir
La ménorexie reste largement méconnue, y compris des professionnels. En parler permet de mieux la repérer et d’éviter qu’elle ne s’installe durablement.
Redéfinir la santé après 50 ans
Vieillir en bonne santé ne signifie pas lutter contre son corps, mais apprendre à l’accompagner. Une alimentation suffisante et équilibrée est un pilier essentiel du bien-être à cette période de la vie.
Conclusion
La ménorexie est un trouble silencieux, souvent banalisé, qui touche de nombreuses femmes de 50 ans et plus. Derrière la volonté de rester mince se cachent des peurs profondes liées au vieillissement, à l’image de soi et à la perte de contrôle. Reconnaître ce fléau, en parler et se faire accompagner sont des étapes clés pour retrouver une relation saine à son corps et à l’alimentation.
Questions fréquentes
La ménorexie est un trouble alimentaire qui survient souvent à la ménopause. Elle se caractérise par une peur intense de prendre du poids et un contrôle strict de l'alimentation, comme des régimes sévères ou le saut de repas, lié aux changements hormonaux et corporels après 50 ans.
Après 50 ans, la baisse des œstrogènes entraîne souvent une prise de poids abdominale perçue comme une perte de contrôle. Associée à la pression sociale sur l'apparence féminine et la difficulté à accepter le vieillissement, cela peut déclencher des comportements alimentaires excessivement restrictifs.
Les signes incluent la suppression excessive de certains groupes alimentaires, le comptage obsessionnel des calories, la peur de certains aliments, ainsi que des conséquences physiques comme fatigue chronique, fonte musculaire ou carences, souvent confondues avec les symptômes normaux du vieillissement.
La ménorexie peut provoquer une fragilité osseuse, une perte de masse musculaire, des troubles cardiovasculaires et un affaiblissement du système immunitaire. Psychologiquement, elle s'accompagne souvent d'anxiété, d'isolement social et d'une image corporelle très négative.
Il est important de reconnaître la ménorexie comme un trouble nécessitant un accompagnement médical et psychologique. L'objectif est de réapprendre à nourrir son corps sans culpabilité ni obsession, en adoptant un programme de repas sain et équilibré adapté aux besoins des femmes de plus de 50 ans.
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