Les plats épicés peuvent-ils aggraver vos hémorroïdes ?
Par Léo Martinet
Publié le - mis à jour le
Sommaire
- Qu’est‑ce qu’une hémorroïde, vraiment ?
- Pourquoi on se demande si les plats épicés influencent les hémorroïdes
- Les épices, la digestion et votre système intestinal
- Quand les plats épicés peuvent réellement poser problème
- Quand les épices ne devraient pas être accusées
- Comment continuer à savourer des plats épicés sans souffrir
- L’importance de l’ensemble de votre mode de vie
- Ce qu’il faut retenir
Les plats relevés font vibrer nos papilles. Piment rouge, curry, wasabi, paprika… ils ajoutent de la joie, des sensations et du caractère à nos assiettes. Mais si vous souffrez d’hémorroïdes, ce plaisir peut vite devenir source d’inquiétude. Est‑ce que les aliments épicés peuvent réellement aggraver vos symptômes ? Et si oui, comment continuer à savourer vos plats favoris sans mettre votre confort digestif en danger ? On démêle tout cela ensemble, simplement et avec bienveillance.
Qu’est‑ce qu’une hémorroïde, vraiment ?
Les hémorroïdes sont des veines dilatées dans la zone du rectum ou de l’anus, un peu comme des varices à l’intérieur ou à l’extérieur de cette région. Elles deviennent gênantes lorsqu’elles s’enflamment, provoquent des douleurs, des démangeaisons, des saignements ou une sensation d’inconfort pendant ou après les selles.
Ce n’est pas une maladie grave en soi, mais c’est un problème courant et souvent très désagréable, surtout lorsque certains facteurs l’alimentent : constipation, efforts lors de la défécation, sédentarité, surcharge pondérale, mauvaise hydratation… et souvent, l’alimentation.
Pourquoi on se demande si les plats épicés influencent les hémorroïdes
On entend souvent des recommandations du type : « Évite les plats épicés, ça risque d’aggraver tes hémorroïdes ». Mais d’où vient cette idée ? Elle repose sur deux observations :
Les épices peuvent irriter la muqueuse digestive, et plus particulièrement la zone anale chez certaines personnes sensibles.
Après un repas très relevé, certaines personnes ressentent des brûlures ou une sensation d’échauffement lorsqu’elles vont aux toilettes.
Ces sensations peuvent être mal interprétées comme une aggravation des hémorroïdes… alors qu’il peut s’agir d’une irritation ponctuelle immédiate sans lien direct avec l’état des hémorroïdes.
Les épices, la digestion et votre système intestinal
Tout commence dans l’estomac et l’intestin. Quand on mange épicé :
Les capsaïcinoïdes (molécules actives du piment) peuvent stimuler les récepteurs de la douleur.
Cela accélère parfois le transit chez certaines personnes, ce qui peut entraîner des selles plus fréquentes ou plus molles.
Une selle molle ou fréquente peut mettre plus de pression sur la zone anale, ce qui devient vite inconfortable si vous avez déjà des hémorroïdes.
Dans ces cas, il est souvent difficile de dissocier l’effet de l’épice sur le transit digestif et l’effet sur les hémorroïdes elles‑mêmes. Ce sont deux phénomènes qui peuvent interagir, mais pas nécessairement parce que les épices “aggravent” directement les hémorroïdes.
Quand les plats épicés peuvent réellement poser problème
Les plats épicés ne sont pas dangereux en soi pour tout le monde. Certains vont les digérer sans souci, d’autres vont sentir une sensation plus intense au niveau de l’anus après les selles. Cela s’explique par :
Une irritation temporaire de la muqueuse anal ou rectale
Une digestion plus rapide qui donne des selles plus molles
Une inflammation locale déjà présente qui devient plus sensible
Dans ces situations, ce n’est pas vraiment les hémorroïdes qui “empirent” au sens médical du terme, mais l’inconfort ressenti qui augmente. Et ce peut être suffisant pour que vous fassiez le lien entre épices et douleur.
Quand les épices ne devraient pas être accusées
Si vos hémorroïdes sont bien équilibrées, sans signes d’inflammation importante, les épices ne vont pas soudainement créer de nouvelles hémorroïdes ou les faire “exploser”. Elles peuvent juste :
accentuer la sensation de brûlure lors des selles chez les plus sensibles
stimuler un transit déjà rapide, ce qui peut provoquer plus d’efforts anodins
Mais cela ne veut pas dire que les épices sont intrinsèquement “mauvaises”. Cela signifie plutôt que chaque organisme est différent et que certaines muqueuses sont plus réactives que d’autres.
Comment continuer à savourer des plats épicés sans souffrir
Vous n’avez pas à dire adieu à vos currys ou vos tacos pimentés si vous savez écouter votre corps et adapter votre façon de manger. Voici des conseils pratiques :
1. Équilibrer vos repas
Associez toujours les épices à des aliments qui régulent le transit : légumes, fibres solubles (avoine, psyllium), yaourt nature, riz complet. Cela aide à rendre les selles plus régulières et moins agressives pour la zone anale.
2. Hydratez‑vous suffisamment
L’eau est votre alliée. Une bonne hydratation rend les selles plus tendres, ce qui réduit la pression sur les hémorroïdes. Le café fort ou les boissons très sucrées, eux, peuvent avoir l’effet inverse.
3. Réduisez progressivement l’intensité
Si vous sentez que certains niveaux de piquant vous causent une gêne, diminuez légèrement l’intensité ou remplacez certains piments par des épices plus douces (cumin, curcuma, paprika doux).
4. Favorisez les fibres solubles
Les fibres solubles absorbent l’eau et donnent du volume aux selles sans les durcir. Cela aide à réduire l’effort nécessaire pour aller à la selle, ce qui allège la pression sur vos hémorroïdes — même après un repas épicé.
5. Écoutez vos signaux
Certains plats épicés passent très bien chez vous, d’autres beaucoup moins. Notez ce que vous mangez, comment vous vous sentez après et ajustez vos choix sans frustration. L’objectif n’est pas de renoncer, mais de manger en harmonie avec votre corps.
L’importance de l’ensemble de votre mode de vie
Le lien entre alimentation et symptômes d’hémorroïdes ne se résume pas aux épices. Il s’agit d’un ensemble de facteurs :
La régularité du transit
La qualité des fibres dans l’alimentation
L’hydratation quotidienne
L’activité physique
La posture lors de l’évacuation
Les épices peuvent être un amplificateur ponctuel de sensations, mais elles ne sont pas le fond du problème. Une stratégie globale de bien‑être digestif est toujours plus efficace.
Ce qu’il faut retenir
Les plats épicés ne provoqueront pas automatiquement des hémorroïdes ni ne transformeront un cas léger en urgence médicale. En revanche, chez certaines personnes sensibles, ils peuvent accentuer les sensations de brûlure ou de gêne après les selles, surtout si le transit est déjà rapide ou irrégulier.
La clé, c’est de trouver le bon équilibre : savourer vos plats relevés avec conscience, adapter l’accompagnement, hydrater votre corps, intégrer des fibres et écouter vos signaux internes. Votre santé digestive mérite d’être respectée — mais cela ne veut pas dire renoncer à tout ce qui est savoureux.
Questions fréquentes
Les plats épicés peuvent provoquer une irritation temporaire de la muqueuse digestive, notamment au niveau anal, chez certaines personnes sensibles. Cela peut accentuer la sensation de brûlure ou d'inconfort, mais ne cause pas directement une aggravation médicale des hémorroïdes.
Les molécules actives des épices, comme la capsaïcine, peuvent stimuler les récepteurs de la douleur et accélérer le transit intestinal, entraînant des selles plus fréquentes ou molles. Cela peut augmenter la pression sur la zone anale, intensifiant l'inconfort en cas d'hémorroïdes déjà présentes.
Oui, il est possible de savourer des plats épicés en adaptant son alimentation : associer les épices à des aliments riches en fibres solubles, bien s'hydrater, réduire progressivement l'intensité du piquant et écouter les signaux de son corps pour éviter l'inconfort.
Pour limiter les gênes, il est recommandé d'équilibrer les repas avec des fibres solubles (avoine, psyllium), boire suffisamment d'eau pour ramollir les selles, diminuer l'intensité des épices si nécessaire et privilégier une alimentation globale favorisant un transit régulier.
Au-delà de l'alimentation, la gestion des hémorroïdes repose sur un mode de vie sain : maintenir une bonne hydratation, pratiquer une activité physique régulière, adopter une posture adéquate lors de la défécation et assurer un apport suffisant en fibres pour favoriser une digestion équilibrée.
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